Le magnétisme animal

 

L’hypnose fait parti des plus vieilles médecines du monde mais a souvent  été ressentie comme quelque chose de magique, cependant il est de règle de faire débuter son histoire à Mesmer dont le séjour à Paris marqua le début d’un développement important.

  ImageFrançois-Auguste Mesmer est né à Souabe en 1734,  a longtemps étudié la théologie avant de se tourner vers la médecine. En 1766 il soutient sa thèse de doctorat traitant de « l’influence des planètes sur le corps humain », ceci étant le premier pas vers sa théorie qui suivra une dizaine d’année plus tard. C’est à partir de 1773 qu’il entreprend d’étendre ses théories physiques et médicales sur base de l’existence d’un fluide universel, influencé par les expériences de traitement par les aimants du Jésuite Hell. Suite au scandale engendré par ce dernier (estimant qu’il s’agissait de ses travaux que Mesmer n’a fait que copier)  Mesmer insistera fortement sur les différences concernant le magnétisme animal et le fluide magnétique minéral.

 

Mais le corps médical de Vienne sera rapidement hostile a cet homme prétendant magnétiser tout ce qu’il touche et pouvant guérir des maladies les plus diverses, Mesmer se rend alors à Paris en 1778. Il abandonne tout d’abord ses expériences sur l’aimant et l’électricité étant la base de ses traitements précédents pour bien différencier le magnétisme minéral et animal dont il se considère le seul inventeur. Sa théorie repose dans la pratique des « passes » et l’utilisation du « baquet ». Une description de cet objet a été donné par Puységur, disciple de Mesmer puisque celui ci n’a jamais voulu décrire ces procédés : « le fond est composé de bouteilles arrangées entre elle d’une manière particulière. Au dessus de ces bouteilles, on met de l’eau jusqu'à une certaine hauteur ; des baguettes de fer , dont une extrémité touche à l’eau , sortent de ce baquet ; et l’autre extrémité , terminée en pointe, s’applique sur les malades. Une corde, en communication avec le réservoir commun, lie tous les malades les uns aux autres ; ce qui s’il existe une circulation du fluide ou des mouvements, sert a établir l’équilibre entre eux ».  Ce mouvement circulant dans les malades est compréhensible à condition d’admettre qu’en touchant les bouteilles, on communique une impulsion électrique animale au patient. Ce traitement repose aussi sur les « crises magnétiques», phénomène contagieux pendant le quel les patients perdent le contrôle et convulsent, mais d’après Mesmer ces « crises » ont une vertu thérapeutique est la guérison d’une maladie ne se fait pas sans le passage par la crise.

 

La base de sa théorie est qu’il existe un fluide universel entre les corps célestes et les êtres vivants ce qui détermine un mouvement de flux peut explicite, mais essentiel d’après Mesmer dont les explications données sur sa thèse sont des plus abstraites. Le corps humain est donc comparable à un aimant, possédant des pôles permettant l’établissement d’un échange, d’une communication entre le malade et le médecin. Enfin Mesmer apparaît donc plus comme un précurseur du magnétisme animal et non pas comme un hypnotiseur puisqu’il ne visait pas plus loin que la crise, qui était en fait une crise d’hystérie.  

 

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Le baquet utilisé par Mesmer pourses expériences sur le magnétisme animal.

 

 

 ImageLe marquis de Puységur (1751-1825) est certainement l’élève le plus important de Mesmer et qui va agir le plus efficacement en faveur du magnétisme animal. Mais il va ajouté au mesmérisme une touche de spiritualisme et rejeté les crises convulsives trouvant qu’il s’agit d’un élément parasite, touefois il  conserve l’hypothèse du fluide et surtout il est le premier, par une expérience novatrice, à prouver qu’il est possible de déclencher artificiellement un état somnambulique. Le somnambulisme est un état naturel souvent remarqué chez les jeunes personnes (enfants, adolescents) consistant à agir de manière automatique pendant le sommeil. Puységur décrit ceci comme un sommeil différent provoqué par « l’action de la volonté sur le mouvement » cette volonté provenant du magnétisme animal.

 

Le marquis de Puységur va donc au delà des simples crises convulsives jugées si importante par Mesmer, en effet il donne au malade la possibilité de parler et d’agir. Mais tout comme son maitre, Puységur pousse ses patients dans un état de conscience particulier se rapprochant de l’état hypnotique à la différence que Mesmer veut obtenir des manifestations spectaculaires chargées d’émotivité alors que Puységur transforme son sujet en automate. Ni l’un, ni l’autre ne se rend compte que ces états ne sont pas spontanés mais qu’ils sont dus à leurs préférences. En effet Puységur est militaire et, donc habitué à commander, s’est directement et instinctivement dirigé vers le somnambulisme. Celui-ci étant une manifestation d’obéissance et lui permet d’avoir le sentiment de posséder les pleins pouvoirs sur la personne hypnotisée.

 

Malgré plusieurs tentative pour détacher sa théorie de celle de Mesmer, le marquis n’a jamais réussit et dit aussi baser son pouvoir sur un fluide qu’il imagine exister matériellement dans le corps humain, il parle de « principe vital, foyer de l’électricité ».Presque toutes les notions établies par Puységur serviront par la suite de bases au courant préscientifique, mais ce n’est qu’après 1815, c’est à dire environ 30 ans après la théorie du marquis, que d’autres travaux apparaîtront sur le magnétisme animal.